Bilan 2020 de la sécurité routière

D'après les résultats quasi-définitifs de 2020 au 29 janvier 2021, 2 782 personnes seraient décédées en 2020 sur les routes de France, en métropole ou en outre-mer. Ce chiffre, inférieur de 20% à celui de 2019, est historiquement bas, et cette évolution spectaculaire s’explique en grande partie par les effets de la pandémie mondiale de la Covid-19.

L'ONISR publie chaque année fin janvier les indicateurs quasi-définitifs principaux de l'année précédente pour les accidents corporels de la circulation routière enregistrés par les Forces de l’ordre, labellisés par l’Autorité de la Statistique Publique.

Bilan de l’accidentalité en France (métropole et outre-mer)

2 782 personnes seraient décédées en 2020 sur les routes de France, en métropole ou en outre-mer. Ce chiffre, inférieur de 20% à celui de 2019, est historiquement bas, et cette évolution spectaculaire s’explique en grande partie par les effets de la pandémie mondiale de la Covid-19.
Le gouvernement français a confiné la population sur deux périodes, du 16 mars au 10 mai inclus y compris outre-mer, et du 30 octobre au 13 décembre 2020 inclus en métropole uniquement (avec un allègement à partir du 27 novembre). En dehors de ces périodes, des couvre-feux nationaux et/ou locaux ont été mis en place.
Ces périodes de confinement et dé-confinement, ont eu
des répercussions majeures de réduction de l'activité économique, des déplacements de la population, du tourisme, et de ce fait de l'accidentalité routière.
 

Dans le contexte de la crise sanitaire liée à la Covid-19, ayant donné lieu notamment à des mesures exceptionnelles en France métropolitaine et outre-mer (confinement de la population à partir du 17 mars 2020, sortie progressive du confinement à partir du 11 mai 2020, mesures locales de couvre-feu en octobre et reconfinement national du 30 octobre au 14 décembre), les indicateurs de l’accidentalité routière présentent une baisse historique à partir de mars 2020.
L’interprétation s’avère très complexe pour plusieurs raisons. Le confinement a fortement influencé les conditions de déplacements des usagers.
En raison des règles de distanciation sociale, beaucoup d’usagers ont changé de modes de déplacement, notamment en zone urbaine où les modes individuels (marche à pieds, trottinettes et autres engins de déplacement personnel, vélos, deux-roues motorisés, voitures) ont été privilégiés aux transports en commun.

Bilan de l’accidentalité en France métropolitaine

2 550 personnes seraient décédées en 2020 sur les routes de France métropolitaine. Il s’agit de la plus faible mortalité routière enregistrée depuis 1924 (mortalité routière en 1924 : 2 246 tués, 1925 : 2 646 tués), alors qu’on peut estimer que le parc de véhicules en circulation a été multiplié par 50.

Les indicateurs relatifs aux accidents corporels enregistrés par les forces de l’ordre, ainsi que ceux sur les blessés, sont également en baisse de 20 % par rapport aux années précédentes. La soudaineté tout à fait inédite de cette baisse suggère qu’elle ne peut pas s’expliquer uniquement par des évolutions des comportements des usagers de la route.

 

L’évolution hebdomadaire des accidents corporels depuis le début de l’année 2020 est très proche de l’évolution de l’indicateur du trafic sur le réseau routier national (autoroutes et routes nationales concédées ou non). Il est donc très probable qu’une grande partie de la baisse de l’accidentalité s’explique par la diminution du trafic routier.
 

 

Mortalité selon la classe d’âge en France métropolitaine

En 2020, la mortalité routière baisse quel que soit l’âge, à l’exception des enfants et adolescents de moins de18 ans, dont le nombre de tués estimé est stable (153 tués en 2020).
La
baisse de la mortalité est la plus forte pour les personnes âgées de 75 ans ou plus (-34 % soit 179 tués de moins qu’en 2019), qui contribuent pour 1/4 de la baisse globale.
La
baisse la moins forte est observée pour les personnes âgées entre 65 et 74 ans (-9 % soit 29 tués de moins).
La baisse de la mortalité des 18-34 ans, usagers à sur-risque routier important, est équivalente à la baisse
globale ; elle contribue pour près de 1/3 à la baisse globale avec
216 tués de moins.

Mortalité selon les catégories d’usagers en France métropolitaine

La baisse de la mortalité en 2020 selon les grandes catégories d’usagers est sans commune mesure en ampleur avec les années précédentes, la crise sanitaire ayant entraîné une rupture dans les déplacements habituels en France et à l’étranger.


Accidentalité routière outre-mer

232 personnes seraient décédées sur les routes des outremers en 2020, 160 dans les départements d’outre-mer et 72 dans les collectivités d’outremer ou en Nouvelle-Calédonie. C’est inférieur de -8,7% (soit 22 tués de moins) par rapport à 2020.
L’impact de la crise sanitaire sur les déplacements outre-mer n’est pas aussi marqué qu’en métropole : la mortalité routière baisse mais reste dans la fourchette de ces 10 dernières années.

2020, une année atypique qui nécessite d'adapter les méthodes d'analyse

L’année 2020 présente donc des résultats en rupture avec les années précédentes, ce qui va introduire des modifications d’analyse au plan national et au plan local :
⦁    pour les bilans de l’année 2020 (comparaison avec plusieurs des années précédentes)
⦁    pour les années futures, et à commencer par 2021, qui ne pourront être comparées à la seule année 2020 mais devront se référer à un état « avant crise sanitaire », qui pourra être l’année 2019, une moyenne 2017-2019 ou 2015-2019, en fonction de la significativité des indicateurs.