Le Comité des experts dresse un état des lieux complet de la sécurité des cyclistes : évolution des risques et des blessures, comportements et équipements de protection, diversité des vélos et adaptation de leur réglementation, évolution des infrastructures, enjeux de la prise en charge après l'accident. Il formule des recommandations pour que le développement du vélo s'accompagne d'une baisse du risque pour les cyclistes.

La pratique du vélo connaît une progression continue en France. Encouragée par les objectifs de la stratégie nationale bas-carbone et de santé publique, cette augmentation s'accompagne d'une exposition accrue des cyclistes au risque routier. En 2024, 224 cyclistes ont été tués sur les routes de France métropolitaine et 41 000 ont été blessés, dont 2 600 grièvement ; environ 4 500 garderont des séquelles un an après l’accident. Plus de la moitié des décès surviennent hors agglomération, et 87 % des cyclistes tués sont des hommes.
Le rapport du Comité des experts s’inscrit dans le cadre de l’approche "Système sûr", qui vise à réduire la survenue et la gravité des accidents en agissant de manière coordonnée sur l’ensemble des piliers du système. Les recommandations du Comité sont organisées selon ces différents piliers, parmi lesquels :
- Le management de la sécurité routière : Instaurer un suivi adapté de l’écosystème vélo, couvrant les mobilités, les comportements, les véhicules, les infrastructures, l'accidentalité, et le système assurantiel, pour favoriser la coordination des politiques locales et nationales ;
- Les comportements et équipements des usagers : Il existe un consensus scientifique sur l’efficacité du casque en cas de chocs à la tête. Pour arriver le plus rapidement possible à la généralisation du port du casque, le comité des experts recommande d’imposer son port ;
Les véhicules : Pour répondre à la diversification des types de vélos et de leurs usages, établir une typologie des vélos pour adapter la réglementation des éléments de sécurité et l'usage des infrastructures dédiées, ;
- Les infrastructures : Intégrer les déplacements à pied et à vélo en sécurité, en réutilisant, dans la mesure du possible, l 'emprise des réseaux routiers existants. Définir un schéma directeur inter-gestionnaires des itinéraires en répartissant le réseau routier selon les besoins des divers modes de déplacement ; revoir notamment la doctrine technique, et localement les plans de circulation ;
- Le post-accident : Améliorer la connaissance des conséquences d’un accident à vélo, sur le plan lésionnel, psychologique, émotionnel financier et professionnel, tant pour la victime que pour son entourage familial direct.
D'autres leviers d'action sont identifiés, notamment le renforcement de la formation aux règles de circulation tout au long de la vie ; la promotion des équipements de visibilité et de protection ; la diversification des flottes de vélos pour couvrir la variété morphologique des usagers et de leurs capacités ; la prise en compte des besoins, expériences et attentes des femmes en matière de mobilité et de sécurité ; l'adaptation des conditions d'assurance aux nouveaux usages du vélo et une meilleure information des cyclistes sur leur couverture ; le développement de systèmes d'alerte en cas d'accident.
Crédits image : Ministère de l'Intérieur/J.ROCHA