Analyses des Enjeux de Sécurité Routière pour un meilleur ciblage des politiques publiques de sécurité routière (AESR)

L’étude consiste, à établir des profils de risques à partir de sous groupes sociodémographiques pour mieux cibler la mise en œuvre des moyens d’actions de la Sécurité routière : contrôles, éducation routière, messages de prévention plus ciblés, à destination de ces groupes sociaux.

Comment changer la perception des règles de circulation routière ?

Les femmes ont tendance a associer les règles routière de la bonne conduite, de la responsabilité. Quant aux hommes ils ont une vision plus critique de les règles routière, insistant davantage sur son aspect contraignant mais aussi sur les conséquences financières des sanctions liées aux infractions.

Les 18-25 ans perçoivent davantage la règle routière en termes de loi, mais aussi contrainte qu’il faut respecter et faire respecter pour éviter à la fois les accidents et les sanctions, en intégrant dans la règle les moyens d’augmenter la conformité.

Après 25 ans, les individus ont une représentation plus large de la règle routière, associant non seulement le code de la route mais plus généralement le respect des autres et le savoir-vivre. Dans ce groupe d’âge, la règle routière renvoie au bon conducteur, à la responsabilité et à la répression et le caractère logique et nécessaire des règles est évoqué.

Au final, les populations ressortant de l'analyse comme les plus à risque d’accident sont les jeunes hommes conducteurs d’automobile et de cyclomoteurs, les piétons les plus jeunes et les plus âgés, ainsi que les passagers d’automobiles et de 2RM.

 

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Communiquer à l’ensemble de la population sur les différents risques en sécurité routière

Les différentes analyses des enjeux accidentels montrent qu’une communication désignant essentiellement un groupe à risque principal ne serait pas forcément adéquate pour prévenir directement le risque accidentel.

Cela varie en fonction de la catégorie d’usagers, du véhicule conduit, du sexe et de l’âge. De plus, il semble important de rappeler que les risques mis en avant sont relatifs à des contextes donnés et que cibler les communications en fonction des individus uniquement, sans prendre en compte le contexte dans lequel ces derniers évoluent, reviendrait sûrement à dénaturer la communication et ainsi, la rendre inefficace.

La formation et la communication doivent permettre de changer les représentations des règles routières

Il faut insister auprès des usagers sur le bien-fondé des règles et l’utilité de s’y conformer, non pas pour éviter la sanction mais pour permettre à tous les usagers de se déplacer en sécurité.

Pour ce faire, valoriser les comportements positifs et conformes et leur rôle dans le « vivre ensemble » nous semble une piste à privilégier. Par ailleurs, centrer le continuum éducatif sur l’auto-évaluation depuis le plus jeune âge jusque chez la personne âgée semble un bon moyen pour améliorer la perception du risque chez les populations les plus vulnérables, à pied ou en cyclomoteur.

Proposer aux individus des solutions sûres et valorisées socialement, en termes de comportements (plus conformes) ou de modes de déplacement alternatifs, leur permettrait d’avoir le choix et de ne pas se trouver en situation notamment de prise de risque contrainte ou subie, que ce soit en tant que conducteur ou passager, par soumission à des normes sociales ne privilégiant pas la sécurité.

Les attitudes et perceptions des individus de même que leurs comportements en termes d’infractions semblent plus sensibles au niveau d’éducation qu’à la catégorie socio-professionnelle.

Ces résultats restent bien évidemment à vérifier, mais ils semblent montrer que, plus que la profession et le niveau de salaire, ce sont les processus de socialisation jusqu’à l’accès au diplôme qui sont susceptibles de jouer sur le rapport aux règles routières, et plus largement à la conduite et aux normes sociales et légales.