La Fondation VINCI Autoroutes a publié les résultats de son 15e Baromètre de la conduite responsable. Réalisée par Ipsos auprès de 12 403 personnes dans 11 pays européens, cette enquête annuelle dresse un état des lieux des comportements et représentations des Français et des Européens au volant, et permet de suivre l’évolution des conduites à risque et des bonnes pratiques.
Un climat de tension et d’anxiété exacerbé sur les routes
Les conducteurs français sont convaincus d’être exemplaires au volant : 96 % citent au moins un adjectif positif pour décrire leur propre attitude au volant : ils se considèrent en grande majorité vigilants (76 %), calmes (52 %) ou encore courtois (26 %).
Pour eux, les mauvais conducteurs sont forcément les autres. Ainsi, 87 % des conducteurs citent au moins un adjectif négatif pour décrire le comportement des autres usagers de la route, considérés comme dangereux (41 %), irresponsables (41 %), agressifs (37 %) ou encore stressés (32 %). 87 % des conducteurs français déclarent ainsi avoir peur du comportement agressif des autres conducteurs (83 % des conducteurs européens).
Cependant, malgré leurs récriminations, la majorité des conducteurs participent eux-mêmes largement à entretenir un climat tendu sur les routes :
- 63 % admettent injurier d’autres conducteurs (50 % des conducteurs européens) ;
- 54 % klaxonnent de façon intempestive les conducteurs qui les énervent (47 %) ;
- 30 % « collent » délibérément le véhicule d’un conducteur qui les énerve (30 %) ;
- 13 % descendent de leur véhicule pour s’expliquer avec un autre conducteur (18%).
Une part non négligeable de conducteurs admet agir différemment quand elle prend le volant :
- 18 % des conducteurs français ont le sentiment de ne plus vraiment être la même personne, et s’estiment plus nerveux, impulsifs ou agressifs que dans la vie quotidienne (14 % des conducteurs européens) ;
- 16 % se sentent « comme dans une bulle » et font moins attention aux autres (18 %);
- 13 % considèrent, que sur la route, « c’est chacun pour soi » (14 %).

Des règles du code de la route très souvent transgressées, au mépris de la sécurité
Bien que les règles du code de la route soient faites pour protéger les conducteurs et l’ensemble des usagers de la route, une très large majorité des conducteurs déclare s’en affranchir :
- 90 % des conducteurs français déclarent dépasser de quelques km/h la limitation de vitesse indiquée (85 % des conducteurs européens) ;
- 68 % déclarent ne pas respecter les distances de sécurité (56 %) ;
- 58 % oublient de mettre leur clignotant pour doubler ou changer de direction (51 %) ;
- 27 % doublent à droite sur l’autoroute (34 %).
La distraction au volant touche une large majorité de conducteurs
Une attention permanente est nécessaire pour conduire, pourtant l’attention du conducteur est ponctuellement détournée vers d’autres tâches ou distracteurs. Ainsi, 84 % des conducteurs admettent qu’il leur arrive de quitter la route du regard pendant plus de 2 secondes (81 % des conducteurs européens). A 130 km/h, 2 secondes sans regarder la route, c'est 72 mètres parcourus à l'aveugle.
Ce manque d’attention est souvent largement lié à l’utilisation du smartphone :
- 75 % des conducteurs français utilisent leur smartphone ou programment leur GPS au volant (77 %) ;
- 61 % déclarent téléphoner au volant (67 %), dont 39 % régulièrement (43 %) ;
- 47 % paramètrent leur GPS en conduisant (49 %) ;
- 29 % envoient et/ou lisent des SMS ou des mails (25 %).

La somnolence et la fatigue diminuent la vigilance et altèrent le comportement au volant
En France, la somnolence est davantage identifiée comme une cause d'accidents mortels sur autoroute que dans les autres pays d'Europe : 36 % contre 18 % dans les autres pays européens. Ainsi, 39 % déclarent encore prendre le volant alors qu'ils se sentent très fatigués (32 %) alors même que l'impact de cette fatigue est indéniable.
Parmi ces conducteurs :
- 26 % reconnaissent être plus nerveux, impulsifs ou agressifs au volant, contre 18 (77 %) ;
- 33 % sont davantage stressés quand ils prennent la voiture (30 %).
Alcool, drogues et médicaments : des usages persistants malgré la connaissance des risques

La conduite sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants est identifiée comme étant la première cause d'accidents mortels sur les routes en général (71 %), y compris sur les autoroutes (44 %). Les comportements déclarés par les conducteurs mettent en évidence la persistance de ces pratiques :
- 7 % des conducteurs français déclarent avoir déjà pris le volant en état d’ébriété, c’est-à-dire au-delà de la limite légale d’alcoolémie et en ressentant les effets de l’alcool sur leur état physique ou leur perception (5 %), et pourtant 83 % d'entre eux considèrent qu'il est dangereux de conduire en état d'ébriété (85 %) ;
- 2 % indiquent avoir déjà conduit après avoir consommé du cannabis (2 %) ;
- 12 % déclarent avoir conduit après avoir consommé des médicaments susceptibles d’altérer la vigilance (8 %).
Le détail du baromètre est disponible dans le dossier de presse, téléchargeable ci-contre :
https://fondation.vinci-autoroutes.com/fr/moins-dincivilites-et-de-comportements-dangereux-declares-et-si-les-francais-adoptaient-enfin-une/