Observatoire des vitesses

L’observation des vitesses pratiquées en circulation en 2024 révèle une vitesse moyenne des véhicules de tourisme, mesurée de jour, sur l’ensemble des réseaux routiers, de 77,0 km/h, en légère hausse par rapport à 2023 (+0,1 km/h), avec des variations selon les types de routes.

Le suivi des vitesses constitue un enjeu majeur de prévention des accidents mortels. Selon l’Organisation mondiale de la santé, une hausse de 1 km/heure de la vitesse moyenne d’un véhicule entraîne une hausse de 4 % de l’incidence des accidents mortels et de 3 % de celle des blessures graves. En France, une vitesse excessive ou inadaptée aux circonstances intervient dans 1 accident mortel (AM) sur 3 (29%). Sur la période 2022-2024, elle demeure le facteur le plus présent dans les AM impliquant des jeunes adultes présumés responsables (48 %) (Bilan de la sécurité routière 2024, ONISR, 2025). Dans ce contexte, le respect des limitations de vitesses est une composante essentielle d’une stratégie globale visant à réduire le nombre de décès et de blessés graves sur les routes. 

Pour analyser ces comportements et leurs évolutions, l’ONISR réalise annuellement un observatoire dédié au suivi de la vitesse.

Synthèse des résultats de l'année 2024

La moyenne des vitesses des véhicules de tourisme (VT) mesurées de jour sur l’ensemble des réseaux routiers s’établit en 2024 à 77,0 km/h, en légère hausse par rapport à 2023 (+0,1 km/h).

Par rapport à 2023, sur les routes bidirectionnelles hors agglomération, dont certaines ont fait l’objet d’un relèvement de la vitesse maximale autorisée (VMA) à 90 km/h, les vitesses pratiquées augmentent en 2024 de +0,6 km/h de jour et de +0,7 km/h de nuit..

Les vitesses moyennes reculent sur les réseaux autoroutiers, tant de jour que de nuit, avec une baisse observée sur les autoroutes de liaison (-0,6 km/h de jour, -0,3 km/h de nuit) et sur les autoroutes de dégagement (-1,0 km/h de jour, -0,2 km/h de nuit). Une diminution est également constatée en entrées et sorties d’agglomérations moyennes (-1,6 km/h de jour et -1,0 km/h de nuit).

À l’inverse, les vitesses moyennes augmentent sur les artères en centre-ville d’agglomération moyenne (+1,6 km/h de jour, +2,5 km/h de nuit) et sur les routes en traversée de petites agglomérations (+0,4 km/h de nuit). Une hausse est également observée sur les routes à 2x2 voies (+0,4 km/h de nuit).

 

De façon générale, on observe les tendances suivantes :

  • Par rapport à 2023, les moyennes des vitesses des VT, de jour et de nuit, baissent sur les réseaux autoroutiers et sur deux des trois réseaux concernés par une limitation à 50 km/h ;
  • Les vitesses pratiquées de nuit sont plus élevées que celles observées de jour sur l’ensemble des réseaux, avec des écarts allant de +3 à 5 km/h notamment sur les réseaux limités à 50 km/h, les routes bidirectionnelles et les autoroutes de dégagement ;
  • Les vitesses pratiquées de jour sont plus élevées le week-end qu’en semaine sur l’ensemble des réseaux, mais plus basses le week-end qu’en semaine de nuit sur les réseaux limités à 50 km/h et les routes bidirectionnelles limitées à 80 km/h
     
Vitesses moyennes pratiquées de jour par les VT, par réseau et taux de dépassement, de jour et de nuit

 

Depuis la suppression, au 1er janvier 2024, du retrait de point pour les excès de vitesse inférieurs à 5 km/h, un décalage des vitesses au-delà des seuils de limitation se manifeste. Celui-ci est particulièrement notable en milieu urbain pour les VT, tandis que chez les poids lourds, la hausse est marquée en agglomération et hors agglomération. Pour ces derniers, la prise en charge éventuelle de l’amende par l’employeur semble encourager des vitesses plus élevées, alors que la perte de points restait à la charge personnelle du conducteur.

 

Distributions des vitesses sur le réseau bidirectionnel concerné par une limitation à 80 km/h chez les véhicules de tourisme

 

Le rapport complet ainsi que les précédents sont téléchargeables en haut à droite de la page.

En complément de l'observatoire des vitesses, vous trouverez l'article de l'observatoire des comportements.

Les comparaisons des résultats de l’année 2021 avec ceux de l’année 2020 restent à prendre avec une certaine distance du fait de l’impossibilité de réaliser une partie des mesures normalement effectuées lors de la première vague de l’année 2020, ceci étant lié à la pandémie de Covid-19. Les réseaux à 2*2 et 2*3 voies avaient notamment été impactés (l'évolution des vitesses pratiquées sur autoroutes de dégagement est notamment à comparer avec 2019 plutôt qu'avec 2020).

Les vitesses mesurées par l’observatoire ne prétendent pas être représentatives de manière absolue de la circulation sur l’ensemble du réseau routier français. En revanche on considère que leur évolution dans le temps est bien représentative de l’évolution générale des comportements, autrement dit que ces observations ont une représentativité relative, sous la condition que le panel de points d’observation soit stable dans le temps. Les résultats de l’observatoire des vitesses sont donc intrinsèquement liés au panel de points de mesure qui l’alimentent. A noter que l'on observe des ruptures de séries liées au changement de méthodologie entre 2019 et 2020.